Nouvelles du 12 -03- 2009
Texte Pris sur le site Agence Zenit


Levée de l’excommunication des quatre évêques : Lettre de Benoît XVI

ROME, Jeudi 12 mars 2009 (ZENIT.org) - Nous reprenons ci-dessous la lettre que Benoît XVI a adressée aux évêques de l'Eglise catholique au sujet de la levée de l'excommunication des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre, publiée ce jeudi par la salle de presse du Saint-Siège.

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LETTRE DE SA SAINTETÉ BENOÎT XVI

AUX ÉVÊQUES DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE

au sujet de la levée de l'excommunication

des quatre Évêques consacrés par Mgr Lefebvre

Chers Confrères dans le ministère épiscopal !

La levée de l'excommunication des quatre Évêques, consacrés en 1988 par Mgr Lefebvre sans mandat du Saint-Siège, a suscité, pour de multiples raisons, au sein et en dehors de l'Église catholique une discussion d'une véhémence telle qu'on n'en avait plus connue depuis très longtemps. Cet événement, survenu à l'improviste et difficile à situer positivement dans les questions et dans les tâches de l'Église d'aujourd'hui, a laissé perplexes de nombreux Évêques. Même si beaucoup d'Évêques et de fidèles étaient disposés, à priori, à considérer positivement la disposition du Pape à la réconciliation, néanmoins la question de l'opportunité d'un tel geste face aux vraies urgences d'une vie de foi à notre époque s'y opposait. Inversement, certains groupes accusaient ouvertement le Pape de vouloir revenir en arrière, au temps d'avant le Concile : d'où le déchaînement d'un flot de protestations, dont l'amertume révélait des blessures remontant au-delà de l'instant présent. C'est pourquoi je suis amené, chers Confrères, à vous fournir quelques éclaircissements, qui doivent aider à comprendre les intentions qui m'ont guidé moi-même ainsi que les organes compétents du Saint-Siège à faire ce pas. J'espère contribuer ainsi à la paix dans l'Église.

Le fait que le cas Williamson se soit superposé à la levée de l'excommunication a été pour moi un incident fâcheux imprévisible. Le geste discret de miséricorde envers quatre Évêques, ordonnés validement mais non légitimement, est apparu tout à coup comme totalement différent : comme le démenti de la réconciliation entre chrétiens et juifs, et donc comme la révocation de ce que le Concile avait clarifié en cette matière pour le cheminement de l'Église. Une invitation à la réconciliation avec un groupe ecclésial impliqué dans un processus de séparation se transforma ainsi en son contraire : un apparent retour en arrière par rapport à tous les pas de réconciliation entre chrétiens et juifs faits à partir du Concile - pas dont le partage et la promotion avaient été dès le début un objectif de mon travail théologique personnel. Que cette superposition de deux processus opposés soit advenue et qu'elle ait troublé un moment la paix entre chrétiens et juifs ainsi que la paix à l'intérieur de l'Église, est une chose que je ne peux que déplorer profondément. Il m'a été dit que suivre avec attention les informations auxquelles on peut accéder par internet aurait permis d'avoir rapidement connaissance du problème. J'en tire la leçon qu'à l'avenir au Saint-Siège nous devrons prêter davantage attention à cette source d'informations. J'ai été peiné du fait que même des catholiques, qui au fond auraient pu mieux savoir ce qu'il en était, aient pensé devoir m'offenser avec une hostilité prête à se manifester. C'est justement pour cela que je remercie d'autant plus les amis juifs qui ont aidé à dissiper rapidement le malentendu et à rétablir l'atmosphère d'amitié et de confiance, qui - comme du temps du Pape Jean-Paul II - comme aussi durant toute la période de mon pontificat a existé et, grâce à Dieu, continue à exister.

Une autre erreur, qui m'attriste sincèrement, réside dans le fait que la portée et les limites de la mesure du 21 janvier 2009 n'ont pas été commentées de façon suffisamment claire au moment de sa publication. L'excommunication touche des personnes, non des institutions. Une ordination épiscopale sans le mandat pontifical signifie le danger d'un schisme, parce qu'elle remet en question l'unité du collège épiscopal avec le Pape. C'est pourquoi l'Église doit réagir par la punition la plus dure, l'excommunication, dans le but d'appeler les personnes punies de cette façon au repentir et au retour à l'unité. Vingt ans après les ordinations, cet objectif n'a malheureusement pas encore été atteint. La levée de l'excommunication vise le même but auquel sert la punition : inviter encore une fois les quatre Évêques au retour. Ce geste était possible une fois que les intéressés avaient exprimé leur reconnaissance de principe du Pape et de son autorité de Pasteur, bien qu'avec des réserves en matière d'obéissance à son autorité doctrinale et à celle du Concile. Je reviens par là à la distinction entre personne et institution. La levée de l'excommunication était une mesure dans le domaine de la discipline ecclésiastique : les personnes étaient libérées du poids de conscience que constitue la punition ecclésiastique la plus grave. Il faut distinguer ce niveau disciplinaire du domaine doctrinal. Le fait que la Fraternité Saint-Pie X n'ait pas de position canonique dans l'Église, ne se base pas en fin de comptes sur des raisons disciplinaires mais doctrinales. Tant que la Fraternité n'a pas une position canonique dans l'Église, ses ministres non plus n'exercent pas de ministères légitimes dans l'Église. Il faut ensuite distinguer entre le niveau disciplinaire, qui concerne les personnes en tant que telles, et le niveau doctrinal où sont en question le ministère et l'institution. Pour le préciser encore une fois : tant que les questions concernant la doctrine ne sont pas éclaircies, la Fraternité n'a aucun statut canonique dans l'Église, et ses ministres - même s'ils ont été libérés de la punition ecclésiastique - n'exercent de façon légitime aucun ministère dans l'Église.

À la lumière de cette situation, j'ai l'intention de rattacher à l'avenir la Commission pontificale " Ecclesia Dei " - institution compétente, depuis 1988, pour les communautés et les personnes qui, provenant de la Fraternité Saint-Pie X ou de regroupements semblables, veulent revenir à la pleine communion avec le Pape - à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il devient clair ainsi que les problèmes qui doivent être traités à présent sont de nature essentiellement doctrinale et regardent surtout l'acceptation du Concile Vatican II et du magistère post-conciliaire des Papes. Les organismes collégiaux avec lesquels la Congrégation étudie les questions qui se présentent (spécialement la réunion habituelle des Cardinaux le mercredi et l'Assemblé plénière annuelle ou biennale) garantissent l'engagement des Préfets des diverses Congrégations romaines et des représentants de l'Épiscopat mondial dans les décisions à prendre. On ne peut geler l'autorité magistérielle de l'Église à l'année 1962 - ceci doit être bien clair pour la Fraternité. Cependant, à certains de ceux qui se proclament comme de grands défenseurs du Concile, il doit aussi être rappelé que Vatican II renferme l'entière histoire doctrinale de l'Église. Celui qui veut obéir au Concile, doit accepter la foi professée au cours des siècles et il ne peut couper les racines dont l'arbre vit.

J'espère, chers Confrères, qu'ainsi a été éclaircie la signification positive ainsi que les limites de la mesure du 21 janvier 2009. Cependant demeure à présent la question : cette mesure était-elle nécessaire ? Constituait-elle vraiment une priorité ? N'y a-t-il pas des choses beaucoup plus importantes ? Il y a certainement des choses plus importantes et plus urgentes. Je pense avoir souligné les priorités de mon Pontificat dans les discours que j'ai prononcés à son début. Ce que j'ai dit alors demeure de façon inaltérée ma ligne directive. La première priorité pour le Successeur de Pierre a été fixée sans équivoque par le Seigneur au Cénacle : « Toi... affermis tes frères » (Lc 22, 32). Pierre lui-même a formulé de façon nouvelle cette priorité dans sa première Lettre : « Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l'espérance qui est en vous » (I P 3, 15). À notre époque où dans de vastes régions de la terre la foi risque de s'éteindre comme une flamme qui ne trouve plus à s'alimenter, la priorité qui prédomine est de rendre Dieu présent dans ce monde et d'ouvrir aux hommes l'accès à Dieu. Non pas à un dieu quelconque, mais à ce Dieu qui a parlé sur le Sinaï ; à ce Dieu dont nous reconnaissons le visage dans l'amour poussé jusqu'au bout (cf. Jn 13, 1) - en Jésus Christ crucifié et ressuscité. En ce moment de notre histoire, le vrai problème est que Dieu disparaît de l'horizon des hommes et que tandis que s'éteint la lumière provenant de Dieu, l'humanité manque d'orientation, et les effets destructeurs s'en manifestent toujours plus en son sein.

Conduire les hommes vers Dieu, vers le Dieu qui parle dans la Bible : c'est la priorité suprême et fondamentale de l'Église et du Successeur de Pierre aujourd'hui. D'où découle, comme conséquence logique, que nous devons avoir à cœur l'unité des croyants. En effet, leur discorde, leur opposition interne met en doute la crédibilité de ce qu'ils disent de Dieu. C'est pourquoi l'effort en vue du témoignage commun de foi des chrétiens - par l'œcuménisme - est inclus dans la priorité suprême. À cela s'ajoute la nécessité que tous ceux qui croient en Dieu recherchent ensemble la paix, tentent de se rapprocher les uns des autres, pour aller ensemble, même si leurs images de Dieu sont diverses, vers la source de la Lumière - c'est là le dialogue interreligieux. Qui annonce Dieu comme Amour "jusqu'au bout" doit donner le témoignage de l'amour : se consacrer avec amour à ceux qui souffrent, repousser la haine et l'inimitié - c'est la dimension sociale de la foi chrétienne, dont j'ai parlé dans l'encyclique Deus caritas est.

Si donc l'engagement ardu pour la foi, pour l'espérance et pour l'amour dans le monde constitue en ce moment (et, dans des formes diverses, toujours) la vraie priorité pour l'Église, alors les réconciliations petites et grandes en font aussi partie. Que l'humble geste d'une main tendue soit à l'origine d'un grand tapage, devenant ainsi le contraire d'une réconciliation, est un fait dont nous devons prendre acte. Mais maintenant je demande : Était-il et est-il vraiment erroné d'aller dans ce cas aussi à la rencontre du frère qui "a quelque chose contre toi" (cf. Mt 5, 23 s.) et de chercher la réconciliation ? La société civile aussi ne doit-elle pas tenter de prévenir les radicalisations et de réintégrer - autant que possible - leurs éventuels adhérents dans les grandes forces qui façonnent la vie sociale, pour en éviter la ségrégation avec toutes ses conséquences ? Le fait de s'engager à réduire les durcissements et les rétrécissements, pour donner ainsi une place à ce qu'il y a de positif et de récupérable pour l'ensemble, peut-il être totalement erroné ? Moi-même j'ai vu, dans les années qui ont suivi 1988, que, grâce au retour de communautés auparavant séparées de Rome, leur climat interne a changé ; que le retour dans la grande et vaste Église commune a fait dépasser des positions unilatérales et a atténué des durcissements de sorte qu'ensuite en ont émergé des forces positives pour l'ensemble. Une communauté dans laquelle se trouvent 491 prêtres, 215 séminaristes, 6 séminaires, 88 écoles, 2 instituts universitaires, 117 frères, 164 sœurs et des milliers de fidèles peut-elle nous laisser totalement indifférents ? Devons-nous impassiblement les laisser aller à la dérive loin de l'Église ? Je pense par exemple aux 491 prêtres. Nous ne pouvons pas connaître l'enchevêtrement de leurs motivations. Je pense toutefois qu'ils ne se seraient pas décidés pour le sacerdoce si, à côté de différents éléments déformés et malades, il n'y avait pas eu l'amour pour le Christ et la volonté de L'annoncer et avec lui le Dieu vivant. Pouvons-nous simplement les exclure, comme représentants d'un groupe marginal radical, de la recherche de la réconciliation et de l'unité ? Qu'en sera-t-il ensuite ?

Certainement, depuis longtemps, et puis à nouveau en cette occasion concrète, nous avons entendu de la part de représentants de cette communauté beaucoup de choses discordantes - suffisance et présomption, fixation sur des unilatéralismes etc. Par amour de la vérité je dois ajouter que j'ai reçu aussi une série de témoignages émouvants de gratitude, dans lesquels était perceptible une ouverture des cœurs. Mais la grande Église ne devrait-elle pas se permettre d'être aussi généreuse, consciente de la grande envergure qu'elle possède ; consciente de la promesse qui lui a été faite ? Ne devrions-nous pas, comme de bons éducateurs, être aussi capables de ne pas prêter attention à différentes choses qui ne sont pas bonnes et nous préoccuper de sortir des étroitesses ? Et ne devrions-nous pas admettre que dans le milieu ecclésial aussi sont ressorties quelques discordances ? Parfois on a l'impression que notre société a besoin d'un groupe au moins, auquel ne réserver aucune tolérance ; contre lequel pouvoir tranquillement se lancer avec haine. Et si quelqu'un ose s'en rapprocher - dans le cas présent le Pape - il perd lui aussi le droit à la tolérance et peut lui aussi être traité avec haine sans crainte ni réserve.

Chers Confrères, durant les jours où il m'est venu à l'esprit d'écrire cette lettre, par hasard, au Séminaire romain, j'ai dû interpréter et commenter le passage de Ga 5, 13-15. J'ai noté avec surprise la rapidité avec laquelle ces phrases nous parlent du moment présent : "Que cette liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire votre égoïsme ; au contraire mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. Car toute la Loi atteint sa perfection dans un seul commandement, et le voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres !" J'ai toujours été porté à considérer cette phrase comme une des exagérations rhétoriques qui parfois se trouvent chez saint Paul. Sous certains aspects, il peut en être ainsi. Mais malheureusement ce "mordre et dévorer" existe aussi aujourd'hui dans l'Église comme expression d'une liberté mal interprétée. Est-ce une surprise que nous aussi nous ne soyons pas meilleurs que les Galates ? Que tout au moins nous soyons menacés par les mêmes tentations ? Que nous devions toujours apprendre de nouveau le juste usage de la liberté ? Et que toujours de nouveau nous devions apprendre la priorité suprême : l'amour ? Le jour où j'en ai parlé au grand Séminaire, à Rome, on célébrait la fête de la Vierge de la Confiance. De fait : Marie nous enseigne la confiance. Elle nous conduit à son Fils, auquel nous pouvons tous nous fier. Il nous guidera - même en des temps agités. Je voudrais ainsi remercier de tout cœur tous ces nombreux Évêques, qui en cette période m'ont donné des signes émouvants de confiance et d'affection et surtout m'ont assuré de leur prière. Ce remerciement vaut aussi pour tous les fidèles qui ces jours-ci m'ont donné un témoignage de leur fidélité immuable envers le Successeur de saint Pierre. Que le Seigneur nous protège tous et nous conduise sur le chemin de la paix ! C'est un souhait qui jaillit spontanément du cœur en ce début du Carême, qui est un temps liturgique particulièrement favorable à la purification intérieure et qui nous invite tous à regarder avec une espérance renouvelée vers l'objectif lumineux de Pâques.

Avec une particulière Bénédiction Apostolique, je me redis

Vôtre dans le Seigneur

BENEDICTUS PP. XVI

 

 



Agence Zenit

12 -03- 2009

Papal Letter on Society of St. Pius X


"We Must Have at Heart the Unity of All Believers"

VATICAN CITY, MARCH 12, 2009 (Zenit.org).- Here is the letter written by Benedict XVI concerning the remission of the excommunication of the four bishops of the Society of St. Pius X that were ordained by Archbishop Marcel Lefebvre in 1988.

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Dear Brothers in the Episcopal Ministry!

The remission of the excommunication of the four Bishops consecrated in 1988 by Archbishop Lefebvre without a mandate of the Holy See has for many reasons caused, both within and beyond the Catholic Church, a discussion more heated than any we have seen for a long time. Many Bishops felt perplexed by an event which came about unexpectedly and was difficult to view positively in the light of the issues and tasks facing the Church today. Even though many Bishops and members of the faithful were disposed in principle to take a positive view of the Pope’s concern for reconciliation, the question remained whether such a gesture was fitting in view of the genuinely urgent demands of the life of faith in our time. Some groups, on the other hand, openly accused the Pope of wanting to turn back the clock to before the Council: as a result, an avalanche of protests was unleashed, whose bitterness laid bare wounds deeper than those of the present moment. I therefore feel obliged to offer you, dear Brothers, a word of clarification, which ought to help you understand the concerns which led me and the competent offices of the Holy See to take this step. In this way I hope to contribute to peace in the Church.

An unforeseen mishap for me was the fact that the Williamson case came on top of the remission of the excommunication. The discreet gesture of mercy towards four Bishops ordained validly but not legitimately suddenly appeared as something completely different: as the repudiation of reconciliation between Christians and Jews, and thus as the reversal of what the Council had laid down in this regard to guide the Church’s path. A gesture of reconciliation with an ecclesial group engaged in a process of separation thus turned into its very antithesis: an apparent step backwards with regard to all the steps of reconciliation between Christians and Jews taken since the Council -- steps which my own work as a theologian had sought from the beginning to take part in and support. That this overlapping of two opposed processes took place and momentarily upset peace between Christians and Jews, as well as peace within the Church, is something which I can only deeply deplore. I have been told that consulting the information available on the internet would have made it possible to perceive the problem early on. I have learned the lesson that in the future in the Holy See we will have to pay greater attention to that source of news. I was saddened by the fact that even Catholics who, after all, might have had a better knowledge of the situation, thought they had to attack me with open hostility. Precisely for this reason I thank all the more our Jewish friends, who quickly helped to clear up the misunderstanding and to restore the atmosphere of friendship and trust which -- as in the days of Pope John Paul II -- has also existed throughout my pontificate and, thank God, continues to exist.

Another mistake, which I deeply regret, is the fact that the extent and limits of the provision of 21 January 2009 were not clearly and adequately explained at the moment of its publication. The excommunication affects individuals, not institutions. An episcopal ordination lacking a pontifical mandate raises the danger of a schism, since it jeopardizes the unity of the College of Bishops with the Pope. Consequently the Church must react by employing her most severe punishment -- excommunication -- with the aim of calling those thus punished to repent and to return to unity. Twenty years after the ordinations, this goal has sadly not yet been attained. The remission of the excommunication has the same aim as that of the punishment: namely, to invite the four Bishops once more to return. This gesture was possible once the interested parties had expressed their recognition in principle of the Pope and his authority as Pastor, albeit with some reservations in the area of obedience to his doctrinal authority and to the authority of the Council. Here I return to the distinction between individuals and institutions. The remission of the excommunication was a measure taken in the field of ecclesiastical discipline: the individuals were freed from the burden of conscience constituted by the most serious of ecclesiastical penalties. This disciplinary level needs to be distinguished from the doctrinal level. The fact that the Society of Saint Pius X does not possess a canonical status in the Church is not, in the end, based on disciplinary but on doctrinal reasons. As long as the Society does not have a canonical status in the Church, its ministers do not exercise legitimate ministries in the Church. There needs to be a distinction, then, between the disciplinary level, which deals with individuals as such, and the doctrinal level, at which ministry and institution are involved. In order to make this clear once again: until the doctrinal questions are clarified, the Society has no canonical status in the Church, and its ministers -- even though they have been freed of the ecclesiastical penalty -- do not legitimately exercise any ministry in the Church.

In light of this situation, it is my intention henceforth to join the Pontifical Commission "Ecclesia Dei" -- the body which has been competent since 1988 for those communities and persons who, coming from the Society of Saint Pius X or from similar groups, wish to return to full communion with the Pope -- to the Congregation for the Doctrine of the Faith. This will make it clear that the problems now to be addressed are essentially doctrinal in nature and concern primarily the acceptance of the Second Vatican Council and the post-conciliar magisterium of the Popes. The collegial bodies with which the Congregation studies questions which arise (especially the ordinary Wednesday meeting of Cardinals and the annual or biennial Plenary Session) ensure the involvement of the Prefects of the different Roman Congregations and representatives from the world’s Bishops in the process of decision-making. The Church’s teaching authority cannot be frozen in the year 1962 -- this must be quite clear to the Society. But some of those who put themselves forward as great defenders of the Council also need to be reminded that Vatican II embraces the entire doctrinal history of the Church. Anyone who wishes to be obedient to the Council has to accept the faith professed over the centuries, and cannot sever the roots from which the tree draws its life.

I hope, dear Brothers, that this serves to clarify the positive significance and also the limits of the provision of 21 January 2009. But the question still remains: Was this measure needed? Was it really a priority? Aren’t other things perhaps more important? Of course there are more important and urgent matters. I believe that I set forth clearly the priorities of my pontificate in the addresses which I gave at its beginning. Everything that I said then continues unchanged as my plan of action. The first priority for the Successor of Peter was laid down by the Lord in the Upper Room in the clearest of terms: "You… strengthen your brothers" (Lk 22:32). Peter himself formulated this priority anew in his first Letter: "Always be prepared to make a defence to anyone who calls you to account for the hope that is in you" (1 Pet 3:15). In our days, when in vast areas of the world the faith is in danger of dying out like a flame which no longer has fuel, the overriding priority is to make God present in this world and to show men and women the way to God. Not just any god, but the God who spoke on Sinai; to that God whose face we recognize in a love which presses "to the end" (cf. Jn 13:1) -- in Jesus Christ, crucified and risen. The real problem at this moment of our history is that God is disappearing from the human horizon, and, with the dimming of the light which comes from God, humanity is losing its bearings, with increasingly evident destructive effects.

Leading men and women to God, to the God who speaks in the Bible: this is the supreme and fundamental priority of the Church and of the Successor of Peter at the present time. A logical consequence of this is that we must have at heart the unity of all believers. Their disunity, their disagreement among themselves, calls into question the credibility of their talk of God. Hence the effort to promote a common witness by Christians to their faith -- ecumenism -- is part of the supreme priority. Added to this is the need for all those who believe in God to join in seeking peace, to attempt to draw closer to one another, and to journey together, even with their differing images of God, towards the source of Light -- this is interreligious dialogue. Whoever proclaims that God is Love "to the end" has to bear witness to love: in loving devotion to the suffering, in the rejection of hatred and enmity -- this is the social dimension of the Christian faith, of which I spoke in the Encyclical Deus Caritas Est.

So if the arduous task of working for faith, hope and love in the world is presently (and, in various ways, always) the Church’s real priority, then part of this is also made up of acts of reconciliation, small and not so small. That the quiet gesture of extending a hand gave rise to a huge uproar, and thus became exactly the opposite of a gesture of reconciliation, is a fact which we must accept. But I ask now: Was it, and is it, truly wrong in this case to meet half-way the brother who "has something against you" (cf. Mt 5:23ff.) and to seek reconciliation? Should not civil society also try to forestall forms of extremism and to incorporate their eventual adherents -- to the extent possible -- in the great currents shaping social life, and thus avoid their being segregated, with all its consequences? Can it be completely mistaken to work to break down obstinacy and narrowness, and to make space for what is positive and retrievable for the whole? I myself saw, in the years after 1988, how the return of communities which had been separated from Rome changed their interior attitudes; I saw how returning to the bigger and broader Church enabled them to move beyond one-sided positions and broke down rigidity so that positive energies could emerge for the whole. Can we be totally indifferent about a community which has 491 priests, 215 seminarians, 6 seminaries, 88 schools, 2 university-level institutes, 117 religious brothers, 164 religious sisters and thousands of lay faithful? Should we casually let them drift farther from the Church? I think for example of the 491 priests. We cannot know how mixed their motives may be. All the same, I do not think that they would have chosen the priesthood if, alongside various distorted and unhealthy elements, they did not have a love for Christ and a desire to proclaim him and, with him, the living God. Can we simply exclude them, as representatives of a radical fringe, from our pursuit of reconciliation and unity? What would then become of them?

Certainly, for some time now, and once again on this specific occasion, we have heard from some representatives of that community many unpleasant things -- arrogance and presumptuousness, an obsession with one-sided positions, etc. Yet to tell the truth, I must add that I have also received a number of touching testimonials of gratitude which clearly showed an openness of heart. But should not the great Church also allow herself to be generous in the knowledge of her great breadth, in the knowledge of the promise made to her? Should not we, as good educators, also be capable of overlooking various faults and making every effort to open up broader vistas? And should we not admit that some unpleasant things have also emerged in Church circles? At times one gets the impression that our society needs to have at least one group to which no tolerance may be shown; which one can easily attack and hate. And should someone dare to approach them -- in this case the Pope -- he too loses any right to tolerance; he too can be treated hatefully, without misgiving or restraint.

Dear Brothers, during the days when I first had the idea of writing this letter, by chance, during a visit to the Roman Seminary, I had to interpret and comment on Galatians 5:13-15. I was surprised at the directness with which that passage speaks to us about the present moment: "Do not use your freedom as an opportunity for the flesh, but through love be servants of one another. For the whole law is fulfilled in one word: ‘You shall love your neighbour as yourself’. But if you bite and devour one another, take heed that you are not consumed by one another." I am always tempted to see these words as another of the rhetorical excesses which we occasionally find in Saint Paul. To some extent that may also be the case. But sad to say, this "biting and devouring" also exists in the Church today, as expression of a poorly understood freedom. Should we be surprised that we too are no better than the Galatians? That at the very least we are threatened by the same temptations? That we must always learn anew the proper use of freedom? And that we must always learn anew the supreme priority, which is love? The day I spoke about this at the Major Seminary, the feast of Our Lady of Trust was being celebrated in Rome. And so it is: Mary teaches us trust. She leads us to her Son, in whom all of us can put our trust. He will be our guide -- even in turbulent times. And so I would like to offer heartfelt thanks to all the many Bishops who have lately offered me touching tokens of trust and affection, and above all assured me of their prayers. My thanks also go to all the faithful who in these days have given me testimony of their constant fidelity to the Successor of Saint Peter. May the Lord protect all of us and guide our steps along the way of peace. This is the prayer that rises up instinctively from my heart at the beginning of this Lent, a liturgical season particularly suited to interior purification, one which invites all of us to look with renewed hope to the light which awaits us at Easter.

With a special Apostolic Blessing, I remain

Yours in the Lord,

BENEDICTUS PP. XVI

From the Vatican, 10 March 2009