IMMIGRATION
Pas de Calais…
Mais à quand d'autres solutions
que la destruction ?


de Raphaël Deillon, Père Blanc.

Après les démonstrations de forces de la police pour détruire les abris de fortune des immigrés à Calais, on est en droit de se poser quelques questions sur les façons de traiter ce problème humain. Nous avons honte de nos gouvernements européens devant leur incapacité à prendre des mesures à la hauteur du phénomène mondial de l'immigration.

On sait monter jusqu'à l'ONU pour faire barre à un poste de l'UNESCO à quelqu'un qui a eu dans sa vie une parole malheureuse et faire ainsi échouer les chances d'une autre politique. Pourquoi n'a-t-on pas la même audace pour enfin dénoncer devant l'ONU l'incurie des gouvernements à voir le problème de l'immigration par le bon bout de la lunette ? Sommes-nous vraiment incapables de trouver d'autres solutions que la destruction des abris de ceux qui ont eu le courage de tout essayer pour s'en sortir et qui ont tout perdu ?

Croyez-vous que ces jeunes ont traversé toutes ces épreuves pour renoncer si près d'un paradis qu'ils n'ont jamais cessé d'imaginer dans leurs têtes ?
Croyez-vous qu'ils vont oublier les souffrances qu'ils ont endurées tout au long de leur voyage qui a duré des mois, voire des années ? Je connais par expérience l'hostilité et l'agressivité du désert qu'ils ont traversé. Mais ils savent en plus ce qu'il réserve de violence de la part des hommes qui les fouillent et les dépouillent des précieuses monnaies qu'ils ont reçues de leurs familles, économisées et cachées sur eux.
Pensez-vous qu'ils vont repartir sans avoir bu la dernière larme de leurs rêve ?
Oui, si on les y renvoie! Comme on l'a fait…

On aimerait que des voix s'élèvent. Qu'elles viennent accompagner les coups sourds de désespoir que les poings des vaillants volontaires d'Associations humanitaires faisaient retentir sur les abris de bus d'où ont été embarqués ces malheureux!
Où sont-ils repartis ? Les camps de rétention ou les renvois à la frontière sont-ils les seules réponses que nous ayons trouvées ? A quand des solutions autres que les destructions au bulldozer ?
On veut sauver la planète, on veut sauver les banques, mais rassemblons aussi nos voix pour sauver les hommes. Le salut des hommes, pour le Chrétien que je suis, passe aussi par ce cri!

Raphaël Deillon, Père Blanc.