Missionnaires d'Afrique
France

Émile Devieux, Tassy, 70 ans de serment


À la fin de la deuxième guerre, le 15 mai 1945, le Père Émile Devieux embarque à Marseille pour, de Dakar, se rendre au Mali, pays de mission où il est nommé. Il y restera jusqu’en 1967, devant rentrer cette année-là en France pour des raisons de santé. Il pensait dire adieu à l’Afrique. Mais dès 1969, il se retrouve au Burundi. Il y restera 10 ans avant de revenir définitivement en France : il a 58 ans. Il travaillera encore 17 ans à Verrières-le-Buisson et sera nommé à Tassy en novembre 1997

Il arrive à Tassy où il demeure toujours. “Quand je revois le film de ma vie, j’y vois comme une grande valse” aime-t-il dire. Le Père Devieux est doté d’un grand talent : photographe pour “le plaisir de vos yeux”, c’est ce qu’il nous raconte ici.

Callian : le vieux château

Quand j’étais jeune, lors des événements de famille, baptêmes, communions, mariages… mon père prenait des photos à ces moments-là. Bien sûr elles étaient toutes en noir et blanc, mais il les développait lui-même. Je me souviens que je le regardais avec beaucoup d’admiration sans toutefois oser faire moi-même des photos.

Premiers déclics au Mali
Frère Roger Ramès au travailCe ne fut que lorsque je fus en mission au Mali que je commençai pour de bon moi-même à photographier. Nous sommes en 1958 ; la photo couleur venait de débuter ; j’étais aumônier des Sœurs africaines à Kati et je me lançai à prendre des vues, des diapositives. Mes intérêts : la vie ordinaire des villageois. Je n’étais pas “Service photos”, mais un amateur livré à lui-même.

Et puis j’ai valsé dans plusieurs nominations : par exemple, après le sacre de Mgr Sangaré, je suis devenu “bouche-trou” pour remplacer des Pères partis en congé. C’est au milieu de cette valse, surtout dans la brousse des environs de Gualala, que je pris beaucoup de diapositives sur la vie des gens : travaux journaliers, portraits d’hommes, de femmes.

Don de mes diapositives à la photothèque de Namur
Papillon sur lavandeLorsque plus tard, à partir de 1979, je rentrai définitivement en France pour raison de santé, j’emportai ma collection de diapositives à Verrières-le-Buisson où je fus nommé et où je suis resté 17 ans. Tout en m’occupant des équipes Notre Dame, je mis de l’ordre et de la suite dans un grand nombre de mes clichés. C’est à Verrières que je fis des projections très appréciées.

Et puis, et puis… par l’intermédiaire du Père Jean-Marie Vasseur, alors Supérieur Général, je fis parvenir ma collection de diapositives en Belgique au Père chargé des photos à Namur. On me remercia beaucoup, et ensuite plus rien. Il aurait fallu que je fasse tirer des photos papiers avec mes meilleures diapositives ; mais ça m’aurait coûté trop cher !

Mes deux albums, photos de Tassy
Le reflex Olympus OM10Le temps a passé ! Je me suis retrouvé à Tassy. Entre 1997 et 2009, je pris beaucoup de photos. J’avais un très bel appareil, (*un reflex Olympus OM10, muni des optiques: un grand-angle, 28 mm f/3,5 ; un standard 50 mm f/1,8 ; un télé-zoom 75-150 mm f/4 et de nombreux accessoires dont des tubes allonges pour prendre de près fleurs et papillons). J’ai réalisé deux albums avec dates et indications. Je les ai fait parvenir à Paris par le Père Vuillemin. C’est maintenant l’ère des “photos numériques” mais on dit que les photos argentiques ont encore bien des adeptes et que leur temps n’est pas révolu.

Et maintenant, je vais avoir cent ans dans six mois ; j’ai abandonné la photo, il y a environ un an et j’ai même donné mon appareil aux Pères Blancs. À mon âge, je pense surtout à prier pour moi et les autres et à me préparer à la grande rencontre avec le Seigneur.


Textes et photos
d’Émile Devieux

* Note de la rédaction


Voir aussi au sujet du Père Emile Devieux