NOTRE-DAME D'AFRIQUE


En 1840, le premier évêque d'Alger, Mgr Adolphe Dupuch (de 1838 à 1845), voit une statue en bronze chez les Dames du Sacré-Cœur de Paris. Il s'agit du modèle dit 'Marie, Vierge Fidèle', exécuté par le sculpteur Gallien Choiselat à la demande de Mgr de Quélen, archevêque de Paris, en action de grâce pour la conversion du Prince de Talleyrand. Mgr de Quélen avait offert la statue originale au sanctuaire Notre-Dame de la Délivrance, en Normandie. Il en commande une autre copie pour Mgr Dupuch qui la fait placer d'abord sur une terrasse de l'évêché d'Alger. En 1843, il la confie à la Trappe de Staouêli. Sur une pierre est gravée cette inscription : " Ils m'ont posée comme gardienne " (Za 9, 8).

Suite à la définition du dogme de l'Immaculée Conception, le 8 décembre 1854, Mgr Louis Augustin Pavy, le deuxième évêque d'Alger (de 1846 à 1866), décide d'édifier une grande église de pèlerinage à Notre-Dame. Il réclame la statue offerte aux Trappistes. Les moines ne font pas obstacle, mais disent : " Prenez-la, mais nous n'y toucherons pas. On ne va pas renvoyer notre gardienne... "

Mgr Pavy achète un terrain sur un promontoire qui domine la Méditerranée, au-dessus de la baie d'Alger. Il choisit pour le futur sanctuaire le nom de 'Notre-Dame d'Afrique'. En attendant, il fait construire une chapelle provisoire qui sera terminée le 20 septembre 1857.

Mgr Pavy y installe la statue ramenée de chez les Trappistes. La bénédiction de la chapelle et la première messe qui y est célébrée inaugurent le pèlerinage à Notre-Dame d'Afrique. Le 2 février 1858, fête de la Présentation, débutent les travaux du sanctuaire définitif. Alger devient archidiocèse en juillet 1866, et Mgr Pavy meurt en novembre.

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Le 15 mai 1867, son successeur à l'archevêché d'Alger (de 1867 à 1892), Mgr Charles Lavigerie, débarque dans sa ville épiscopale. Parmi tous les problèmes qu'il doit régler et les projets qu'il met en œuvre, Mgr Lavigerie décide de continuer la construction du sanctuaire dédié à Notre-Dame d'Afrique. En 1868, il en confie d'abord la garde aux Prémontrés (en France et en Algérie, surnommés alors 'les Pères Blancs'). En la fête de la Visitation, le 2 juillet 1872, il consacre le nouveau sanctuaire. Les Missionnaires d'Afrique d'Alger, eux aussi vêtus de blanc, remplacent les Prémontrés en 1873. Le 4 mai de cette année-là, Mgr Lavigerie transfère la statue dans le sanctuaire définitif. En 1876, le Pape Pie IX donne au sanctuaire le titre de basilique, et Mgr Lavigerie couronne la statue.

En 1885, la statue reçoit son premier manteau fait par les Carmélites. En 1925, un deuxième habit est l'œuvre d'une Sœur Blanche, nièce de Mère Claver (Marie-Louise Grandin de l'Éprevier, 1865-1904), une des premières compagnes de Mère Salomé et dirigée spirituelle du Cardinal Lavigerie.

Le Pèlerinage à Notre-Dame d'Afrique

Pénétrant dans la basilique, le pèlerin a le regard immédiatement attiré par la Vierge, couronnée d'or et vêtue d'un riche vêtement, une parure de velours bleu brodée en fils d'argent recouverts d'or de style medjoub et réalisée par M. Sekkal, maître brodeur de Tlemcen. Les SMNDA y ont contribué. Le F. Roméo Lamoureux, MAfr, qui avait trouvé les fonds nécessaires, est chargé de la cérémonie de vêture. Cette nouvelle prise d'habit fut présidée par le Cardinal Duval, le 8 décembre 1985.

Intérieur de la basilique avec son dôme impressionnant au-dessus de l’autel.Le socle de la statue, bâti en 1970 par M. Jean, est un grand cube rectangulaire orné de carreaux vernissés. Il porte en son centre une très belle céramique, qui fut réalisée par M. Boumehdi, artiste algérien musulman décédé en janvier 2007. Ce décor apporte au chœur une note orientale délicate. Il exprime l'effort généreux des cultures vers l'union de tous les croyants autour de Marie, mère de Jésus, effort que traduit parfaitement l'invocation inscrite en lettres d'or d'un bout à l'autre du transept : " Notre-Dame d'Afrique, priez pour nous et pour les musulmans ".

le baldaquin au-dessus de la statue a été supprimé lorsqu’il était sur le point de s’écrouler, mangé par la rouille, les vers et l’humidité. Il était en plâtre, en bois et avec une légère fixation en fer. Il a été enlevé en 2007 avant qu’une catastrophe n’entraîne dans sa chute la statue de Notre-Dame d’Afrique. La décision fut prise avec l’architecte, l’archevêque et les confrères de NDA. Depuis, il s’avère que l’inscription « Notre-Dame d’Afrique, priez pour nous et pour les musulmans » est lisible de partout. Le baldaquin cachait un grande partie.

Les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique et les Missionnaires d'Afrique peuvent se rappeler que reposent dans la basilique : Mère Marie-Salomé, première Supérieure générale des Sœurs Blanches, le Père Voillard, deuxième Supérieur général des MAfr et Mgr Joseph Birraux, troisième Supérieur général. Mgr Pavy et le Cardinal Duval y sont aussi inhumés.

Chaque jour, la prière mariale est assurée pour les visiteurs et pour l'Église en Afrique. Récemment, la dalle de l'abside de saint Augustin a été refaite, plus belle et plus digne. Les Algériens d'aujourd'hui viennent nombreux : les uns prient, les autres restent en silence, d'autres découvrent. Tous disent leur joie de venir là.

Notre-Dame d'Afrique, placée sur les hauteurs d'Alger, regarde vers la mer et veille sur tous ceux qui passent d'un bord à l'autre de la Méditerranée, ce carrefour de la rencontre entre les civilisations, d'ouest en est, entre l'Orient et l'Occident, et du sud au nord, entre l'Afrique et l'Europe.

Aujourd'hui, avec les difficultés des migrants, nous portons dans notre réflexion et notre prière le souci des migrants venant du Sud et tentant leur chance vers le Nord. Nous pensons aussi à ceux et celles qui, au Nord, cherchent à répondre à l'attente des migrants venant du Sud.

À Alger, deux confrères assurent le service à la basilique, un autre est engagé auprès des migrants... Une douzaine de SMNDA présentes à Alger assurent un accueil et une formation auprès de nombreux fils et filles algériennes de Notre-Dame d'Afrique. La fête de Notre-Dame d'Afrique, le 30 avril, offre une occasion aux Missionnaires d'Afrique et aux Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d'Afrique de s'unir dans une réflexion et une prière pour les migrants, clandestins ou légaux.

d'après diverses sources, Raphaël Deillon, MAfr


 


OUR LADY OF AFRICA


In 1840, the first Bishop of Algiers, Right Reverend Adolphe Dupuch (1838-1845), noticed a statue at the Convent of the Sisters of the Sacred Heart in Paris. It was a copy of a statue entitled 'Mary, Virgo Fidelis' sculpted by Gallien Choiselat commissioned by Archbishop de Quélen of Paris, on the conversion of Talleyrand. Archbishop de Quélen had offered the original to the shrine of Our Lady of Deliverance in Normandy. He obtained a second copy for the new Bishop of Algiers. Bishop Dupuch first had it placed on the terrace of the bishop's residence and in 1843 entrusted it to the Trappists of Staouëli with the inscription: `They have placed me like a watchman on guard' (Cf. Zech. 9:8).

Following the definition of the Dogma of the Immaculate Conception on the 8th December 1854, Right Reverend Louis-Augustin Pavy, the second Bishop of Algiers (1846 - 1866), decided to built a pilgrimage church to Our Lady. When he asked for the return of the statue, the monks reluctantly acceded to this request, saying, Take it, but we are not going to touch it, we cannot send our guardian away.'

Bishop Pavy bought a plot on a promontory overlooking the Mediterranean, above the Bay of Algiers. He chose the title of Our Lady of Africa for the shrine. On the 2nd July 1856, construction work on the small temporary chapel was begun. It was completed on the 20th September 1857. Bishop Pavy installed the statue there, brought back from the Trappists. The blessing of the chapel and the first Mass that was then celebrated inaugurated the pilgrimage to Our Lady of Africa. On the 2nd February 1858, Feast of the Presentation, work began on the permanent shrine. Algiers became an archdiocese in July 1866; Bishop Pavy died in the November.

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On the 15th May 1867, his successor as Archbishop of Algiers (1867 - 1892), His Grace Archbishop Charles Lavigerie arrived to take possession of his episcopal See. Among the many other problems to solve and the plans to put into operation, Archbishop Lavigerie decided to continue the building work on the shrine dedicated to Our Lady of Africa. In 1868, he gave custody of it initially to the Norbertines ('White Canons' [UK]), popularly known in France and Algeria as the `White Fathers'. On the 2nd July 1872, he consecrated the new shrine on the Feast of the Visitation. The Missionaries of Africa, also dressed in white, replaced the Norbertines in 1873. On the 4di May the same year, Archbishop Lavigerie transferred the statue to its permanent shrine. In 1876, Pope Pius IX bestowed the title of Basilica on the shrine and Archbishop Lavigerie crowned the statue.

In 1885, the statue was adorned with its first garments made by the Carmelites. In 1925, a second gown, the work of a White Sister, niece of Mother Mary Claver, (Marie-Louise Grandin de l'Éprevier, 1865-1904), who was one of the first companions of Mother Salomé and whose Spiritual Director was Cardinal Lavigerie.

The Pilgrimage to Our Lady of Africa
Entering the Basilica, the pilgrim's attention is immediately drawn to the Virgin, crowned with gold and adorned in rich vestments of blue velvet sewn in cloth of gold in `Medjoub' style, created by M. Sekkal, master embroiderer of Tlemcen. The MSOLA contributed to it. Brother Roméo Lamoureux had provided the funds. This mantle was inaugurated in the presence of Cardinal Duval on the 8th December 1985.

Intérieur de la basilique avec son dôme impressionnant au-dessus de l’autel.The pedestal, built in 1970 by M. Jean, is a large rectangular cube adorned with ceramic files. At its centre is a very fine mosaic created by Mr Boumehdi, an Algerian artist who passed away in January 2007. This decor lends the sanctuary a delicate Middle-Eastern tone. It expresses the generous outreach of varied cultures towards union with all believers around Mary, the Mother of Jesus: an outreach that is perfectly reflected in the gold-lettered inscription from one end of the transept to the other: 'Our Lady of Africa, pray for us and for the Muslims.'

The Msola and the Missionaries of Africa may recall that in the Basilica lie the remains of Mother Marie Salomé, first Superior General of the White Sisters, Father Voillard, second Superior General and Bishop Birreaux, third Superior General. Bishop Pavy and Cardinal Duval are also interred there.

Daily Marian prayer is offered for visitors and for the Church in Africa. Recently, the paving of the St Augustine apse was renovated, making it finer and more dignified. Today, many Algerians come to visit. Some pray, others remain in silence, others again discover it for the first time, and all express their happiness at being there.

From the heights of Algiers, Our Lady of Africa looks out towards the sea and watches with tenderness over all who cross from one shore to the other. The Mediterranean Sea has always been the symbol of the meeting between East and West, bringing together two cultures and two religions. Today, the presence of migrants adds concern to our thoughts and prayers for those men and women from the South that take their chances in reaching the North, just as those men and women from the North try to meet the expectations of the migrants who are arriving from the South.

At the Basilica, two confreres offer various services and another in town is involved with migrants. About twelve MSOLA are in Algiers, looking to the welfare and ongoing education of many Algerian sons and daughters of Our Lady of Africa. The Feast of Our Lady of Africa on the 30" April will offer the opportunity to White Fathers and White Sisters to unite in a single reflection and prayer for migrants both legal and illegal.

From various sources, Raphaël Deillon